
Après avoir construit les 200 premiers Vauriens, le chantier Costantini réalise qu’il est très difficile de rentabiliser la production de ce dériveur, car la marge est très petite. Il décide donc de concevoir son propre dériveur pour faire concurrence au Vaurien: le P’tit Gars.
Le P’tit Gars est vendu 65 000 francs (à peu près 1700€), soit légèrement plus que le Vaurien qui était vendu à 55 000 francs (à peu près 1430€). Comment le P’tit Gars justifie t’il cette différence ? Avec sa dérive pivotante et son safran relevable, ce qui permet de facilement remonter le dériveur au sec… Pratique !
Le chantier a édité le document suivant pour parler du P’tit Gars, de ses caractéristiques et des modalités de paiement. Il date du début de la production, car le prix le tous les dériveurs a augmenté par la suite avec l’inflation (il coûtait par exemple 95 000 francs fin 1958).
Article (2 pages)Le P’tit Gars se vend bien, même si les ventes sont plus modestes que celles du Vaurien, ou du Mousse. Dans son numéro 83 (octobre 1958), les Cahiers du Yachting relèvent qu’à ce jour, 3000 Vauriens ont été vendus, contre 800 Mousses et 300 Ptit Gars.
Une association de propriétaires de P’tit Gars sera également créée fin 1958, elle organisera des régates de P’tit Gars:
Le P’tit Gars sera produit par le chantier jusqu’à sa fermeture en 1977, où les ventes seront d’environs 600-650 P’tit Gars.
Comme les autres dériveurs, le P’tit Gars aura largement contribué, par son côté bon marché, à diffuser le goût du bateau parmi les jeunes. À ce titre, il aura toujours fait la fierté du chantier, qui le présentera régulièrement au salon nautique.
L’après-guerre motive les instances fédérales à démocratiser la voile et à la rendre accessible au plus grand nombre. Tant dans la taille des bateaux, pour avoir des unités abordables économiquement et accessibles aux débutants, que dans le dessin afin de rendre la construction la plus facile possible, avec le vœu de favoriser la construction amateur.
Le premier qui “s’y colle” est Jean-Jacques Herbulot. Il a déjà réalisé avant-guerre des petites unités comme le Sharpie (9 m) et le Dinghy. Il dessine dès 1950 le Vaurien, dont la vocation est d’être accessible à tous (maniable et facile à apprendre), et d’être facile et économique à construire. Il confie à Louis Costantini, qu’il connaît personnellement, la construction de ce dériveur.
La fabrication du Vaurien débute dès 1952, avec une série de 200 exemplaires « bouclée » en 1954, qui sont les premiers de la série. D’autres chantiers prendront ensuite la relève. Les voiles — et c’est, je crois, une première — sortent « en série » de la voilerie Le Rose à Concarneau.
Suite à ce partenariat, le chantier lance ensuite son modèle : le P’tit Gars, qui sera construit de 1953 à 1964 à environ 600 / 650 exemplaires. Il s’inspire du Vaurien et possède des caractéristiques très proches :
Ci-après sa fiche technique :
Longueur hors tout : ……………………………… 4,18 m Largeur : ………………………………………………… 1,45 m Surface voiles (GV et foc) : ……………………. 8,50 m² Poids : ……………………………………………………. 90 kg Prix en 1953 (anciens francs) : …………….. 98 000 francs hors taxe.
D’autres dériveurs naîtront à cette même époque, avec des caractéristiques similaires, comme le Mousse, le Simplet ou le Nordet.
La principale particularité du P’tit Gars est sa dérive métallique pivotante, permettant un accès à la plage des plus simples. La formule était une bonne idée et sera reprise sur la plupart des dériveurs ultérieurs. Quelques témoignages récents d’anciens (et anciennes) propriétaires le confirment : ce fut un critère de choix, notamment pour la navigation en solitaire.
Peu d’exemplaires (malheureusement) de cette série sont arrivés jusqu’à nous. Un recensement initié il y a deux ans, en 2007, avec parutions et avis de recherche dans la presse spécialisée (Le Chasse-Marée, Bateaux et Voiles & Voiliers), a permis de localiser et d’identifier de façon fiable cinq exemplaires.
Sur la durée de la construction (une dizaine d’années), peu d’évolutions ou de modifications semblent avoir été apportées à la série, hormis le passage des voiles en coton au Tergal autour de 1960. À tel point que, contrairement au Vaurien et au Mousse, son dessin ne sera pas modifié pour adjoindre des caissons, bien utiles en cas de dessalage.
En parcourant les pages de ce site dédié au chantier, et en consultant les photos, on aperçoit souvent, à côté des grandes unités, des coques de P’tit Gars à la décoration caractéristique : l’intérieur de la coque en deux tons de vert (vert d’eau et vert foncé) et l’extérieur en deux tons contrastés, clair et foncé également.


