
Le Vaurien est un célèbre dériveur conçu en 1951 à la demande du Centre Nautique des Glénans, lesquels cherchaient une solution pour augmenter leur quantité de matériel et pour permettre à leurs anciens élèves d’acquérir des bateaux. Ils demandèrent donc à l’architecte Jean-Jacques Herbulot de concevoir un dériveur performant et accessible, ce qui donna naissance au Vaurien.
L’une des spécificités majeures du Vaurien, et qui explique l’ampleur de son succès, c’est que son bordé n’était pas construit en bois aposé à une charpente comme ses prédécesseurs, mais en contreplaqué autoporteur. Cela permettait de fortement réduire les coûts de construction.
Le premier prototype du Vaurien fut construit par des amateurs au Centre des Glénans, et il navigua pendant tout l’été 1952. Des essais très concluant, qui permirent d’attester des qualités de ce dériveur d’un type nouveau. Ces essais ont également été suivis par la rédaction des Cahiers du Yachting, vivement intéressée par cette initiative. Alain Coyaud, fondateur de la revue, missionne le chantier naval Aubin pour créer un deuxième Vaurien qui sera présenté au salon nautique.
Le succès fut fulgurant. En effet, le prix du Vaurien fut défini au prix très attractif de 55 000 Francs, ce qui est l’équivalent de deux bicyclettes. Face à cet afflux de commandes, il fut donc décidé en Novembre 1952 de créer une première série de 100 unités, une mission qui sera confiée aux chantiers Costantini. En même temps, le Centre des Glénans et Les Cahiers du Yachting décidèrent de fonder une association de propriétaires pour contribuer au développement de ce dériveur: l’AS Vaurien.
Nous avons retrouvé trois publicités qui ont été publiées dans Les Cahiers du Yachting datant de cette époque, qui permettent bien de voir l’évolution des commandes du Vaurien durant les premiers mois:
Au total, ce sont 300 Vauriens qui devaient être livrés au total par les chantiers Costantini !
Un article des Cahiers du Yachting montre l’activité du chantier Costantini à ce moment, on y aperçoit deux photos de Vaurien:
Article (1 page)L’histoire nous apprendra que le chantier Costantini arrêtera finalement la construction de Vauriens après 200 unités. Cet arrêt a été motivé par des raisons économiques: au vu du nombre d’unités à produire et du prix de vente très bas, le chantier n’arrivait tout simplement pas à dégager suffisamment de marge pour cette activité.
Gino, tout de même convaincu par l’intérêt de ces dériveurs, travaillera alors à la création d’un autre dériveur: le P’tit Gars, une version légèrement plus évoluée qui sera vendue 65 000 Francs. Vous pouvez en apprendre plus au sujet du P’tit Gars dans notre article dédié.