
Histoire et contexte
En 1951, l’Union des Croiseurs avait défini la “Classe IV”, pour jauger les bateaux qui ne rentraient pas dans les classes habituelles du R.O.R.C., qui étaient la classe I, la classe II, et la classe III. Une initiative qui avait déjà fait réfléchir les architectes, comme détaillé dans notre article dédié au Classe IV Costantini.
Cependant, en 1952, le R.O.R.C. demande à ce qu’on change le nom de la classe IV, qui laissait penser que c’était eux qui la géraient. S’ensuit donc la création de la “jauge de courses-croisières côtières”, nommée par abréviation Jauge C. La formule de jauge est définie par la F.F.Y.V. (fédération française de voile), et ce n’est pas la même que pour la classe IV.
Les architectes sont donc amenés à revoir leur copie, et à créer leurs propres “Jauge C”. Cela donnera naissance à plusieurs bateaux dessinés par exemple par François Sergent, Jean Jacques Herbulot, Philippe Dauchez… Et Gino Costantini, comme nous nous apprêtons à le détailler. Les propriétaires de Jauge C se sont également réunis dans une association, l’association des propriétaires de Jauge C.
Notons que la Jauge C ne marquera pas vraiment l’histoire, à vrai dire il est presque impossible de trouver des informations sur internet à son sujet. Nous avons donc numérisé cet article d’époque, dans un objectif de mémoire:
Article (5 pages)Mais revenons maintenant à Gino, qui doit désormais concevoir un nouveau bateau pour cette Jauge C. Comme nous le savons, s’il avait à coeur de proposer des bateaux de qualité, il fallait également optimiser le prix de revient pour fournir des bateaux au meilleur prix. Pour cela, il avait déjà testé la vente de bateaux en acier, avec le Kass-Rol, et aussi la vente à crédit, avec le Classe IV. Comment allait-il pouvoir innover pour le Jauge C ?
Il faut savoir qu’au même moment, le chantier Costantini était en train de construire les 200 premiers Vauriens. De petits dériveurs conçus par J.J. Herbulot qui avaient quelque chose d’intéressant, quelque chose qui allait marquer l’histoire du nautisme: ils étaient les premiers en France à être construits en contreplaqué. À l’époque, c’était une petite révolution: en utilisant du contreplaqué, les Vauriens étaient construits pour bien moins cher, et cassaient les prix du marché. Et ça, en tant que constructeur, Gino est bien placé pour le comprendre.
Il décidera donc de concevoir son Jauge C en contreplaqué, qui fut donc l’un des premiers quillards vendus en série dans ce matériau. Peut-être même le tout premier.
Le Jauge C fut proposé à 450 000 Francs, un prix extrêmement bas pour un tel bateau. Cela fut couvert par Les Cahiers du Yachting:
Article (3 pages)Le chantier publiera ensuite la publicité suivante:
Le Jauge C est un super bateau qui fait la fierté du chantier et qui sera, comme les autres bateaux du chantier, exposé au salon nautique.
Il rencontra un certain succès, les Cahiers du Yachting relèvent en Octobre 55 qu’en une année, c’est une quinzaine de Jauge C qui ont été construits.
Les chantiers ont longtemps continué à vendre ce bateau. [Informations sur la période Gilles / Marc]
Caractéristiques techniques
Le Jauge C est un petit quillard à simple bouchain avec une tonture inversée lui donnant une ligne remarquable. Il comporte 3 couchettes et semble très marin.
- Longueur HT : 6,6 m
- Longueur à la flottaison : 6 m
- Bau : 2 m
- Creux : 0,33 m
- Tirant d’eau : 1,2 m
- Franc-bord avant : 0,76 m
- Franc-bord arrière : 0,34 m
- Déplacement : 1000 kg
- Lest : 500 kg
- Surface de voilure : 26,5 m²
Nous possédons encore la liasse de plans d’origine de ce bateau, si vous en avez besoin n’hésitez pas à nous contacter.
Les Jauge C que nous connaissons
Nous connaissons deux Jauge C avec certitude, mais malheureusement, nous ne savons pas ce qu’ils sont devenus.
Margilic III, qui a été utilisé par la famille Costantini pour courir quelques régates en 1953.
Jokidi, construit pour la famille Tomine.
Si vous connaissez un Jauge C, quel que soit son état, n’hésitez pas à nous contacter, nous serions ravis de l’apprendre ! Si vous êtes constructeur amateur, vous pouvez également nous contacter, nous disposons des plans complets.
En attendant, nous avons tout de même un souvenir de cette série: la maquette qui avait été utilisée comme photographie dans la publicité. Dans les années 70, le petit-fils de Gino demanda à son père s’il pouvait la garder…